Origine

Héritière des pâturages et des forêts du couvent de Bonmont, constante dans son effort pour maintenir les privilèges arrachés à la seigneurie et se dégager des contraintes imposées par le système féodal, la communauté ginginoise a affirmé peu à peu son indépendance, saisi toutes les occasions qui lui permettaient d'enrichir son patrimoine, géré avec sagesse les biens acquis, oeuvré pour assurer à chaque famille la sécurité et le confort matériel que permettait le développement des techniques. Détenu à l'origine par le seul seigneur, le pouvoir s'est étendu aux notables d'abord, aux bourgeois, puis aux simples habitants ensuite, dans une progression vers la démocratie la plus directe.
Aucune trace d'habitation préhistorique n'a été recensée sur le territoire communal. L'époque romaine a laissé quelques traces, notamment le long de la Vy d'Etraz. Puis les forêts et les ours ont reconquis le terrain patiemment défriché au temps de la Colonia Julia Equestris.

Il faut attendre le XIIe siècle pour voir apparaître le nom de Gingins, associé à celui de la seigneurie fondée à cette époque, et toute l'histoire médiévale du village se confond avec celle de cette dynastie de seigneurs qui a joué un rôle important dans l'évolution du Pays de Vaud. Le combat de Gingins, qui précède de peu la conquête bernoise, fait l'objet de plusieurs témoignages contemporains de l'événement.
Dans les archives communales, c'est sur un document daté de 1312 que l'on trouve la première mention d'un village de Gingins; il s'agit de la copie d'un traité entre les Seigneurs et Abbés de Saint-Oyend (plus tard Saint- Claude) et de Bonmont pour la délimitation de leurs montagnes du coté bise. Entre autres témoins requis pour certifier l'authenticité de ce document figure le curé de Gingins.

Cependant, l'origine du village doit être située au début du XIIe siècle pour le moins. En 1123, la famille noble des seigneurs de Divonne fait don de tout le versant oriental du Jura, de la Dôle aux sources de la Valsérine, à une colonie de moines cisterciens, qui fondent, en 1131, l'abbaye de Bonmont. Puis la seigneurie de Divonne est partagée entre les deux frères donateurs: Gaucher, l'aîné, reçoit pour sa part la terre de Divonne; Etienne hérite de la terre de Gingins, dont il prend le nom et qui englobe les villages de Gingins, de Grens, de Signy, d'Arnex, de Borex, de Trélex et de Givrins. En 1211, l'abbé de Saint-Oyend reconnaît l'existence d'une «église et paroisse de Gingins».